Le Musée

Bébé Louvre

À l’origine de la décentralisation

Paris, fin du XVIIIe siècle. On ne peut plus faire un pas dans la cour du Louvre. Des tableaux, des sculptures, des dessins… Il y en a absolument partout. Le Louvre ferait-il un vide-grenier ? Pas du tout ! Le grand musée est juste plein à craquer, les dépôts prévus pour accueillir les œuvres d’art débordent. Que se passe-t-il ?


Des œuvres affluent de toute la France vers le Louvre. Au lendemain de la Révolution, tout ce que possèdent le roi et le clergé devient la propriété de l’État. Ainsi, les biens des palais royaux, des églises et des couvents appartiennent à tout le monde. Et notamment, leurs formidables collections d’œuvres d’art ! Ces dernières sont saisies par les révolutionnaires, qui ne s’arrêtent pas là. Ils démembrent également les collections particulières des nobles en fuite.

On décide que, pour l’instruction des citoyens, ces collections doivent être visibles par tous. Mais impossible de toutes les admirer au Louvre, il y en a trop ! Surtout que les conquêtes européennes de Napoléon ont encore gonflé cet afflux massif d’art vers la capitale…

Pour désemplir le Louvre, Napoléon décide donc en 1801 d’envoyer des centaines d’œuvres en région. Quinze villes sont choisies pour accueillir ces chefs-d’œuvre, charge à elles de se construire un musée pour les accueillir. C’est ainsi que 46 tableaux de très grande qualité sont envoyés à Lille.

La ville n’avait pas attendu les décisions politiques de la capitale pour commencer à constituer son propre musée… Mais cet envoi prestigieux vient légitimer la démarche des Lillois. Quelques années plus tard, en 1809, Lille inaugure officiellement son premier musée.