Le Musée

C’est cadeau !

Quand le conservateur s’offre un Goya

Reynart est ce qu’on appelle un passionné ! Ce conservateur du XIXe siècle ne rechigne pas à la tâche. Infatigable, il travaille chaque jour à étudier et cataloguer les collections du Palais des Beaux-arts. Mieux, il veut qu’elles soient exceptionnelles et pour cela il faut acheter des chefs-d’œuvre !


Et cela tombe bien ! Il a justement repéré deux tableaux chez un marchand parisien, deux peintures du célèbre peintre espagnol Goya. Il parvient à faire acquérir l’un des deux, Les Jeunes, par le musée. Mais la somme déboursée par cet achat, 7 000 francs, ne permet pas d’acheter aussi l’autre toile Les Vieilles

Reynart et l’un de ses amis, Sauvage, sont catastrophés : pas question de laisser passer un tel chef-d’œuvre ! Ils décident de contribuer à l’achat avec leurs propres deniers. Reynart propose de donner 500 francs et Sauvage est prêt à donner 1 000 francs ! Sauf que cela ne décide pas le musée à accorder la somme manquante pour acquérir la toile…

Il en faudrait plus pour décourager Reynart ! Conscient de l’importance du tableau, il revient à la charge un mois plus tard. Il a trouvé une troisième personne pour participer à cette acquisition. Marché conclu  : Les Vieilles vont bel et bien entrer au musée !

Aujourd’hui, ces deux toiles comptent parmi les plus célèbres du musée. Reynart a eu du flair… Le grand peintre Henri Matisse dira d’ailleurs bien plus tard : « C’est devant Les Jeunes et Les Vieilles que j’ai appris ce qu’est la vraie peinture. »

Le Temps ou Les Vieilles, vers 1808-1812, don Sauvage, Gentil, Reynart en 1874

La Lettre ou Les Jeunes, vers 1814-1819, acquis en 1873 du marchand Warneck