* « Pour peindre une bataille, il faut de ces puissants peintres qui ont du chaos dans le pinceau » (Victor Hugo)
Roger Frézin est un artiste né en 1927 à Lille où il a toujours vécu et travaillé. Artiste multiple et inclassable, il choisit de suivre un parcours créatif très personnel, parfois contestataire, tout en ayant pendant des années enseigné le dessin d’expression libre à l’Ecole des Beaux-Arts de Lille. Une entière liberté de création et un univers humoristique et décalé qui ont parfois donné de lui l’image d’un amuseur agitateur au détriment de sa puissance créative. Au fil des ans, Roger Frézin a créé un univers pictural particulier fait d’éléments hétérogènes souvent issus de la mécanique, lui permettant de mettre en pratique les techniques les plus diverses telles que le la peinture acrylique, le fusain, l’encre et les pigments en poudre sur toile, le papier marouflé ou les papiers krafts mais aussi d’autres domaines artistiques comme la mise en espace par la réalisation d’assemblages-structures ou de « chiffonnages ». Principal organisateur et animateur de « L’atelier de la Monnaie », lieu d’échanges et de création, aux côtés de ses comparses de l’époque, il expose de 1963 à 1965 à Paris, au Salon des Réalités Nouvelles, et participe aux activités du mouvement « Phases » d’Edouard Jaguer. L’exposition présentera une sélection d’environ 50 oeuvres de la série des « batailles » débutée dans les années 1980 où de grands formats côtoient de nombreuses études graphiques. C’est l’observation de la célèbre bataille de San Romano de Paolo Uccello dont il évoque « le foisonnement baroque de verticales et d’obliques, saturé d’objets et de mouvements, plus une scénographie qu’une bataille en vérité… » qui l’attire. Ses contacts artistiques avec Edouard Jaguer et les surréalistes lui ouvrent les yeux sur l’étrange intemporalité des « jeux guerriers » et leur démonstration héroïque en peinture. La mécanisation des organisations formelles crée un certain crissement chaotique de la composition en mettant en place des fragments picturaux représentant les déplacements de groupe au moment des attaques. Ses batailles témoignent également d’une expérience de la deuxième guerre mondiale : l’exode, le choc de la vision des cadavres et surtout de celles d’un cheval éventré dévoré par la vermine et couvert de mouches…martyr innocent, symbole de liberté anéantie et de beauté massacrée.
Horaires d’ouverture : le lundi de 14H00 à 18h00, du mercredi au dimanche de 10h00 à 12h30 et de 14h00 à 18h00. Fermé le lundi matin et le mardi toute la journée ainsi les 25 décembre et 1er janvier.
Groupes : visites guidées sur demande. Possibilité de visites privées en nocturne.
Renseignements et réservations : 03.28.36.84.01 / mhc-reservations@mairie-lille.fr









