Nicolas de Largillierre (Paris, 1656 - Paris, 1746)
Portrait de Marguerite-Elisabeth de Largillierre (1701-1756)
1726
Huile sur toile d’origine avec cadre d’époque
H. 81,7 ; L. 65,3 cm
Signé au dos de la toile :"Peint par N. de Largillierre"
La galerie Chardin, située au premier étage du Palais des Beaux-Arts, accueille un nouveau chef d’oeuvre : le "Portrait de Marguerite-Elisabeth de Largillierre (1701-1756)" peint par l’un des meilleurs portraitistes français, sous les règnes de Louis XIV et de Louis XV, Nicolas de Largillierre. Cette nouvelle acquisition bénéficie d’un pedigree exceptionnel, étant demeurée jusqu’à nos jours dans la famille de l’artiste, laquelle s’était alliée au XIXe siècle aux descendants des célèbres sculpteurs Coysevox et Coustou.
Le modèle se révèle être la fille aînée du peintre, Marguerite-Elisabeth, l’année de son mariage, en 1726, avec le commissaire des guerres, Jean-Baptiste Houzé de La Boullaye. Agée de 25 ans, le regard doux mêlé d’une pointe de complicité, la jeune femme pose, vêtue de brocard, de velours et de dentelles ; la chevelure poudrée est parée de pierres précieuses et de perles, symboles du mariage. Les fleurs d’oranger piquées dans les cheveux, et les oeillets blancs et rouges montés en broche comme ornement de corsage renvoient à la pureté des sentiments et à l’amour sincère. Hélas, le mariage sera de courte durée : Marguerite-Elisabeth perdra son époux sept ans plus tard.
Ce portrait vient rejoindre sur les cimaises lilloises une autre œuvre de Largillierre, peinte à l’orée du siècle, en 1704. Jeune marié depuis 1699, le peintre s’était attaché à représenter son beau-père, le paysagiste renommé, Jean-Baptiste Forest (1635-1712), le futur grand-père de Marguerite-Elisabeth. Ces deux chefs-d’oeuvre réunis forment un ensemble unique et remarquable qui s’inscrit dans l’intimité de la famille Largillierre. Ils attestent aussi de la magnificence de son talent de portraitiste, à vingt-deux années d’écart : d’une part, le portrait familier de Forest, interrompu dans son oeuvre pour prendre la pose, et d’autre part, le délicat portrait d’apparat de Marguerite-Elisabeth. Au réalisme à la flamande et à la jovialité du premier, répond l’élégance raffinée à la française et la pudeur de la seconde, la richesse de la gamme chromatique rouge, déclinée en deux tons, insufflant vie et chaleur aux deux modèles.
Acquisition réalisée grâce au mécénat de Groupama.
© photographie Michel Nguyen.
Bibliographie sélective :
Nicolas de Largillierre, 1656 - 1746, catalogue d’exposition Paris, musée
Jacquemart-André, 2003-2004.
Largillierre, portraitiste du dix-huitième siècle, catalogue d’exposition,
Montréal, musée des Beaux-Arts, 2001.
Dominique Brême, Largillierre, un géant retrouvé, Dijon, 1998.








